Changer le monde en étant plus connectés

Dans les manuels de gestion, les chaînes d’approvisionnement sont linéaires. On part d’un point A pour se rendre au point B, puis… on se rend à l’utilisateur final. Louis Roy, président d’Optel et récipiendaire du Grand Prix de l’Entrepreneur d’EY Canada en 2017, propose une autre façon de faire : les chaînes d’approvisionnement intelligentes. Véritable réponse aux scandales qui éclaboussent les acteurs économiques et solution possible aux défis du développement durable, cette conception couvre toutes les étapes, soit de l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des déchets. L’utilisateur final est alors de moins en moins… final, car le cycle de vie du produit qui prend le dessus.

La chaîne d’approvisionnement intelligente n’est pas un concept entièrement nouveau. L’innovation réside plus précisément dans le fait qu’elle soit désormais possible et, surtout, accessible grâce aux nouvelles technologies. Reste maintenant à la mettre en place, et surtout, d’accepter de s’y connecter. Fournisseurs, producteurs et consommateurs doivent accepter de participer à cette démarche afin de comprendre les effets, sur les populations et sur les ressources de la planète, de la provenance des biens, notamment en matière d’élimination des déchets à la toute fin du cycle de vie du produit. Ainsi, tout au long de cette connexion, il est nécessaire de mettre en place un système de traçabilité intégral pour que les acteurs clés de la chaîne d’approvisionnement soient en mesure d’agir et de prendre des décisions éclairées.

Pour les entreprises, la chaîne d’approvisionnement intelligente porte bien son nom puisqu’il s’agit pour le système de rassembler des informations et de prendre une décision en se basant sur une mise en commun des faits et donc, sur une vision plus instruite de la situation.

Par ailleurs, cette intelligence ne sert pas seulement au profit de l’entreprise, mais de la société dans son ensemble; une entreprise qui est en mesure de comprendre les comportements de l’ensemble des acteurs de sa chaîne d’approvisionnement est davantage en mesure de s’adapter et de faire en sorte que son produit génère moins d’impacts négatifs et plus d’impacts positifs. Ainsi, tant les entreprises qui sont au début de la chaîne que les acteurs qui interviennent tout au long du parcours du produit pourraient profiter de cette optimisation. Par exemple, un fabricant de chaussures pourrait tenir compte de la durée de vie de ses produits avant de revoir totalement sa collection, un vendeur pourrait modifier la présentation des produits en magasin ou encore en réviser ses prix pour tenir compte du comportement des acheteurs. De la même façon, un manufacturier de yogourt pourrait modifier son débit de production en tenant compte de la performance de son produit sur les tablettes et… du menu des cafétérias qu’il approvisionne.

Plusieurs applications de ce type sont déjà en place à une échelle différente et ont permis de réduire la durée pendant laquelle un produit est entreposé avant la livraison.

Dans ce domaine, le Québec et le Canada pourraient bientôt se démarquer. La supergrappe des chaînes d’approvisionnement propulsées par l’intelligence artificielle, SCALE.AI, dont Louis Roy est le coprésident, est l’un des cinq consortiums à avoir été sélectionné par le gouvernement du Canada, dans le cadre de l’Initiative des supergrappes d’innovation.

Parions qu’à la JIQ, le 13 novembre prochain, à l’occasion de sa conférence, Louis Roy, lèvera le voile sur ce projet ambitieux qu’est celui de révolutionner le commerce. Cliquez ici pour vous procurer un billet!